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                                                                  博狗体育
                                                                   
                                                                   
                                                                  Productions Ecrites Cours d’Ecriture 1ere année de Master Semestre 1 Le compte-rendu critique de lecture
                                                                  發佈時間: 2019-05-16 瀏覽次數: 10


                                                                    

                                                                    

                                                                  Avant-propos :

                                                                    

                                                                  Le cours d’écriture pour les étudiants-chercheurs de 1ère année de Master est clairement orienté vers des objectifs universitaires visant la maîtrise des méthodes de types de productions spécifiques et d’une expression en français académique.

                                                                  Une partie importante du cours et le projet de fin de semestre des étudiants étaient consacrés à l’écriture d’un compte-rendu critique de lecture, exercice prépondérant de la recherche académique et qui constitue souvent les premières publications pour les jeunes chercheurs.

                                                                  Après un travail minutieux de préparation à partir d’exemples authentiques issus de sites spécialisés en sciences humaines et sociales (http://lectures.revues.org/; http://www.fabula.org/acta/), les étudiants devaient choisir une publication académique récente dans leur spécialité (ouvrage monographique ou collectif, numéro thématique de revue ou actes de colloque), la lire exhaustivement et en faire le compte-rendu critique (d’une longueur de 5000 à 10000 signes) en respectant la méthode, les normes et le style de ce type de production universitaire.

                                                                    

                                                                  Plus bas vous trouverez quelques exemples de comptes-rendus des étudiants.

                                                                    

                                                                    

                                                                    

                                                                  Julien Guillemet

                                                                  Lecteur de français, SISU, 2018-2019.

                                                                    


                                                                    

                                                                  Compte-rendu de JI Ran

                                                                    

                                                                  PRUVOST Jean, SABLAYROLLES Jean-François, Les néologismes, Paris : Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 2016, 128p. (3e édition ; 1re édition en 2003).

                                                                  Les néologismes est un livre collectif écrit par Jean Pruvost et Jean-François Sablayrolles. Jean Pruvost est professeur de linguistique à l’Université de Cergy-Pontoise et dirige un laboratoire du CNRS (Centre national de recherche scientifique) consacré au lexique et aux dictionnaires[1]. Sablayrolles, quant à lui, est professeur de linguistique à l’Université Paris 13. Spécialiste de la néologie, il a dirigé plusieurs numéros de revue sur ce sujet[2], et est aussi l’un des fondateurs-directeurs de Neologica, revue annuelle entièrement consacrée aux études néologiques.

                                                                  Paru pour la première fois en 2003, cet ouvrage appartenant à la collection « Que sais-je ? » a vu sa troisième édition mise à jour en 2016. Il vise principalement à introduire les connaissances de base de la néologie, un phénomène incontournable dans toutes les langues, car « une langue qui ne connaîtrait aucune forme de néologie serait déjà une langue morte »[3]. Étant donné son importance, ce sujet a fait l’objet de plusieurs colloques, revues, livres et dictionnaires[4]. Cependant, ces travaux académiques sont plutôt centrés sur les néologismes d’une période donnée, d’une langue spécifique ou d’un domaine particulier (néologismes scientifiques par exemple). Les néologismes constitue ainsi l’un des rares ouvrages introductifs qui abordent le phénomène néologique dans une perspective globale et synthétique.

                                                                  Structuré en six chapitres, cet ouvrage pourrait être divisé en trois grandes parties. Dans les deux premiers chapitres (p.3-p.39), les auteurs essaient d’illustrer la notion du néologisme en présentant aux lecteurs ses différents aspects ainsi que les ambiguïtés existant dans sa circonscription. Ensuite, la deuxième grande partie porte spécialement sur l’histoire de la néologie en littérature depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours (p.40-p.51). Finalement, dans les trois derniers chapitres, on traite des néologismes comme signes linguistiques (p.52-p.90), analyse leurs modes de formation (p.91-p.115) et présente leur reconnaissance et enterrement lexicographiques (p.116-p.119).

                                                                  Le premier chapitre s’ouvre sur une définition simple et contemporaine du mot néologisme, mais les auteurs soulignent vite qu’il représente en effet un « concept plurivalent » (p.3). Il s’agit tout d’abord d’un phénomène naturel au cours de la vie humaine, car la communication passe originellement par la création des mots pour désigner les objets et les idées. À cet égard, notent les auteurs, le développement des techniques et des connaissances imposent à la langue des mécanismes propres permettant la création de nouvelles unités lexicales. Le néologisme constitue donc un « postulat sur le fonctionnement même de la langue » (p.9). Comme le choix d’une désignation est multiple, les néologismes subissent un inévitable jugement de la part de la presse, des dictionnaires, de la littérature et des institutions. Enfin, en montrant que le néologisme reflète l’évolution de la société et qu’il prend quelquefois une valeur symbolique, les auteurs estiment qu’il sert aussi de « point d’ancrage à la réflexion philosophique » (p.30).

                                                                  Cependant, comme les auteurs l’expriment dans le titre du deuxième chapitre, le néologisme est également « une réalité difficile à cerner » (p.31). Premièrement, il n’est pas toujours facile de circonscrire un néologisme formel « dans sa réelle entité, lexique ou syntaxique » (p.31), et la frontière entre le néologisme sémantique et la polysémie est souvent difficile à tracer. Deuxièmement, la durée de vie d’un néologisme, c’est-à-dire la période de temps où il est perçu comme nouveau, reste toujours instable. Troisièmement, certains néologismes ressentis au début comme faute ou écart par rapport à la norme « forcent parfois les barrières admises de la langue et, ce faisant, réussissent à y prendre pied » (p.37).

                                                                  Dans le troisième chapitre, les auteurs s’attachent à démontrer que l’histoire littéraire se démarque par l’attitude individuelle ou collective choisie vis-à-vis de la néologie. Si, pour enrichir la langue française, la création lexicale est recommandée explicitement par les poètes de la Pléiade, les hommes de lettres de l’époque classique se montrent plutôt hostiles à la néologie au nom de la pureté et de la régularité de leur langue. Les romantiques dont l’une des aspirations consiste à libérer le vocabulaire, et les réalistes qui recherchent l’exactitude des faits, s’avèrent en revanche favorables aux néologismes. En ce qui concerne les parnassiens, les symbolistes et les surréalistes, les auteurs révèlent que « dès lors que le langage est revendiqué dans un mouvement littéraire, la néologie est à prendre en compte » (p.49). D’ailleurs, les auteurs font preuve d’un intérêt particulier envers les nouveaux genres littéraires néologisants, y compris le rap et le slam.

                                                                  Le quatrième chapitre se base sur les théories linguistiques pour examiner le phénomène néologique : la relation entre signifiant, signifié et référent, la distinction entre langue et discours, les fonctions du langage, ainsi que les théories énonciatives. Or, les auteurs ne se limitent pas à une simple présentation des théories, les réalités beaucoup plus complexes et diversifiées sont également prises en considération, classées et discutées. Ce qui paraît intéressant, c’est que les auteurs ont consacré une vingtaine de pages à préciser les facteurs favorisant l’émergence des néologismes, qui sont au nombre de huit et pourraient être regroupés dans quatre catégories principales : facteurs linguistiques, facteurs extralinguistiques, facteurs concernant le locuteur et ceux concernant l’interlocuteur.

                                                                  Le cinquième chapitre, intitulé « la richesse des modes de création », tente de répondre à la question : par quels procédés les néologismes sont-ils créés ? Les auteurs proposent ici un classement des néologismes fondé sur les matrices lexicales, qui est fort inspiré de celui formulé par Jean Tournier pour l’anglais[5]. Il s’agit, au lieu d’une analyse statique des éléments constitutifs des néologismes présentée dans bien d’autres ouvrages[6], d’une illustration plutôt dynamique s’intéressant au mécanisme et au processus de leur production. Les matrices morpho-sémantiques, les matrices syntactico-sémantiques, les matrices morphologiques, les matrices phraséologiques et les matrices externes se voient tour à tour expliquées aux lecteurs d’une manière cohérente, soigneuse et approfondie.

                                                                  On discute la relation entre les néologismes et la lexicographie dans le dernier chapitre. D’après les auteurs, l’entrée de ceux-là dans les dictionnaires est à la fois une reconnaissance et un enterrement pour eux. Néanmoins, « la dynamique incessante de la langue ne rend pas la tâche facile au lexicographe » (p.118). La décision d’enregistrer un mot ou un sens nouveau est influencée par de nombreux facteurs : attentes des lecteurs, sensibilités linguistiques des lexicographes, période et idéologie du moment, espace d’écriture disponible, périodicité des rééditions…

                                                                  Dans son ensemble, Les néologismes nous présente un panorama général du phénomène néologique en exposant les théories essentielles de ce sujet. La structure de cet ouvrage est assez claire et bien organisée grâce à la division logique des chapitres en différentes parties et sous-parties. Le langage relativement compréhensible adopté par les auteurs facilite aussi la saisie de leur pensée. De plus, en tant que troisième édition mise à jour, ce livre incorpore beaucoup de néologismes émergés récemment dans la langue française. De nouveaux résultats obtenus par d’autres chercheurs sont également ajoutés à l’ancienne version du livre pour la compléter, ce qui exige aux auteurs une bibliographie riche et pertinente. Toutefois, on pourrait reprocher à ce livre la quasi-absence de la distinction entre « néologisme » et « néologie », deux termes cruciaux dans ce domaine[7]. On regretterait aussi que certains exemples cités par les auteurs sont fortement liés à la société française, il est donc, dans une certaine mesure, difficile pour les étrangers d’en comprendre la connotation. En outre, les lecteurs auraient aimé une conclusion à la fin de chaque chapitre due au nombre considérable et à la complexité de cas particuliers analysés précédemment. Pour conclure, Les néologismes constitue, malgré tous ces manques, une bonne référence de base pour les chercheurs débutants qui s’intéressent à ce sujet.


                                                                  Compte-rendu de XING Lu

                                                                    

                                                                  SPAETH, Valérie (dir.), BANETH-NOUAILHETAS, Emilienne, et al, « Le français au contact des langues : histoire, sociolinguistique, didactique », [en ligne], Langue Française, Paris, Armand Colin, 2010/3(n°167), 182p. URL : https://www.cairn.info/revue-langue-francaise-2010-3.htm

                                                                    


                                                                  « Le français au contact des langues : histoire, sociolinguistique, didactique » est un numéro entier de la revue Langue Française. Celui-ci constitue, parmi tous les numéros déjà publiés dans cette revue, le premier effort en ce qui concerne la problématique qu’est le contact des langues. Ce numéro est dirigé par Spaëth Valérie, professeure de l’Université Sorbonne-Nouvelle et spécialiste en didactique du FLES. Elle s’intéresse surtout à l’histoire de l’Alliance Israélite universelle[8], l’Alliance française, la francophonie[9] et l’histoire de la didactique du FLES[10]. L’auteure a déjà abordé la question du contact des langues en 2005 dans « Contact des langues et des espaces. Frontières et plurilinguismes »[11]. Quant au numéro qui fait l’objet ici, il est spécialement consacré au contact de la langue française avec les autres langues et « se présente donc comme une première approche de la problématique générale » (p.6). Les auteurs, en analysant des contextes variés de manière soit diachronique soit synchronique, y traitent la problématique sous des angles historique, politique, sociolinguistique et didactique. Cette contribution, ayant pour objectif de donner une idée générale de l’état actuel de la recherche à tous ceux qui s’y intéressent et d’y sensibiliser davantage les spécialistes, dont les linguistes, les didacticiens et les sociolinguistes, participe pleinement à un objet de recherche riche et relativement nouveau. En 2014, un ouvrage collectif intitulé Le français au contact d’autres langues[12] a vu le jour, où la même problématique est analysée, mais d’un point de vue relativement différent. Dans une des parties, les auteurs s’attachent à montrer comment le contact du français avec d’autres langues s’incarne dans la littérature, ce qui présente une originalité dans la recherche. En outre, on y trouve, par rapport au numéro traité dans ce compte-rendu, des similitudes concernant les corpus choisis, à savoir les territoires créolophones, le Maghreb et l’Afrique noire.

                                                                  En plus d’une présentation, ce numéro est structuré en trois parties. La première partie, composée de trois articles, présente l’histoire de la diffusion de la langue française au XVIIIe et XIXe siècles, celle-ci étant exposée aux influences d’autres langues. Dans la partie suivante, les auteurs, avec leurs deux articles, cherchent à mettre en valeur leurs réflexions culturelles et politiques sur la problématique en se situant dans deux cadres différents, celui des études postcoloniales d’un côté, celui de la politique linguistique de l’autre côté. Enfin, plusieurs exemples concrets relevés dans divers pays et régions figurent dans la dernière partie, ce qui permet de mieux illustrer et contextualiser la problématique abordée. Chaque article sélectionné dans ce numéro propose un point de vue intéressant de voir la problématique. Les théories et les exemples se marient d’une façon harmonieuse et favorisent ainsi la compréhension du lecteur sur la problématique tout en offrant à celui-ci un vrai plaisir de lecture.

                                                                  « Le français au contact des langues : histoire, sociolinguistique, didactique » s’ouvre sur une présentation de la problématique générale par Spaëth Valérie, qui revient sur les principales disciplines liées au contact des langues. Ainsi est mis en perspective un objet de recherche pluridisciplinaire et complexe qui demande à être traité sous différents angles.

                                                                  La première partie du numéro commence par un article intitulé « Del’universalitéeuropéenne du français au XVIII siècle : Retour sur les représentations et les réalités »de Siouffi Gilles. L’auteur cherche à mettre en évidence, en s’appuyant sur l’histoire du colinguisme du XVIIIe siècle en Europe, que le français, bien que longtemps considéré comme une langue universelle à cause de « raisonnements à forte teneur spéculative » (p.15), se trouvait alors très concurrencé par d’autres langues européennes. À travers la relativisation de certaines idées reçues est ainsi mise en exergue une dynamique multiculturelle censée favoriser la formation d’une Europe multilingue. Dans le deuxième article ayant pour titre « Contact de langues et enseignement du grec ancien : revisiter le colinguisme », Savatovsky Dan aborde la question du contact entre le français et le grec, qui est un thème beaucoup moins présent par rapport à la question du contact du français avec le latin.[13] L’auteur, en se servant des travaux d’étudiants et des libellés d’exercices, se positionne autour d’« une forme originale de contact entre les deux langues » (p.45). L’auteur analyse le rôle joué par le grec, qui a permis au français d’« accéder à une disciplinarité pleine et entière » (p.45). Dans cette même partie est aussi proposé un autre article intitulé « Mondialisation du français dans la seconde partie du XIXe siècle : L’Alliance Israélite universelle et l’Alliance française ». Spaëth Valérie, par une approche « s’inspirant directement du cadre théorique élaboré par M. De Certeau pour l’opération historique » (p.50), fait un parallèle entre l’AIU et l’AF et analyse les distinctions entre les deux institutions ayant contribué de façon différente aux contacts entre les langues. L’AIU, qui avait pour objectif l’émancipation et la régénération des communautés juives, a adopté le modèle de l’appropriation tandis que l’AF, dont les politiques étaient liées à la colonisation, a opté pour le modèle de la transmission. À travers les analyses, l’auteur montre aussi leurs influences qui se font encore sentir dans la Francophonie contemporaine.

                                                                  La seconde partie s’ouvre sur un article intitulé « Anglophonie-francophonie : un rapport postcolonial ? » L’auteure, à travers le rôle des études postcoloniales dans la reconstruction de la discipline des littératures dans le monde anglo-saxon, oppose l’« anglophonie » à la « francophonie », deux termes qui ne se trouvent pas sur le même plan et dont les divergences tiennent aux passés coloniaux différents des deux pays. L’autre article portant le titre « Les politiques linguistiques européennes et la gestion de la diversité des langues en France » se place dans le cadre de la politique linguistique et analyse les politiques linguistiques européennes afin de faire valoir la portée de la diversité linguistique.

                                                                  Dans la dernière partie, c’est d’abord le français de Belgique qui se voit discuté dans un article intitulé « Variation diatopique et norme endogène. Français et langues régionales en Belgique francophone ». À l’aide des analyses des productions métalinguistiques, épilinguistiques ainsi que des pratiques linguistiques en Belgique francophone, l’auteur cherche à démontrer qu’« une norme endogène prévaut aujourd’hui en Belgique francophone sur le marché linguistique restreint » (p.124), ce qui est étroitement lié à « une adhésion identitaire forte » (p.124). Puis, Véronique Georges Daniel propose un aperçu sur les conflits entre le français et les créoles français d’un point de vue linguistique, sociolinguistique et didactique et Canut Cécile analyse les discours des Africains pour souligner leurs attitudes diversifiées, même contradictoires, envers la langue de leur ancien colonisateur. Enfin, Miled Mohamed conclut ce numéro en se penchant sur un problème délicat, le français dans le monde arabophone. L’accent y est mis sur le Maghreb, où le français, qui remplit des rôles complémentaires avec l’arabe en tant que langue seconde, voit changer toujours son statut en fonction des conditions sociales et politiques. Face aux troubles crées dans les systèmes éducatifs par la rivalité des deux langues, l’auteur envisage ainsi une didactique convergente pour favoriser un enseignement harmonieux et efficace.

                                                                  « Le français au contact des langues : histoire, sociolinguistique, didactique », dans un contexte mondial où le multilinguisme est si présent, constitue la première approche qui traite le contact du français avec les autres langues d’un point de vue pluridisciplinaire et contribue à exploiter les relations entre des langues différentes à travers les représentations sociales. Les divers angles adoptés pour traiter la problématique sont susceptibles d’attirer l’attention d’un public assez large, tant les amateurs que les spécialistes. L’intérêt que suscite ce numéro serait également à même d’inciter ces derniers à approfondir la recherche. Les articles choisis sont tous bien structurés, avec des sous-titres qui présentent de manière claire l’idée principale de chaque partie. Quant au langage utilisé, il est loin d’être unifié. Que les articles de la première partie soient plus difficiles à comprendre par rapport à ceux appartenant à la dernière partie en constitue une preuve. En outre, il faut noter que ce numéro n’épuise pas le sujet et est loin d’être exhaustif. Davantage d’exemples représentatifs de la problématique auraient dû être cités. Par exemple, on aurait aimé voir traité le contact du français avec l’anglais au Canada[14], un pays incontournable en ce qui concerne la recherche dont il est question ici. Dans Le français au contact d’autres langues, que l’on a mentionné ci-dessus, la situation du français au Québec, dont l’histoire « peut d’ailleurs être vue comme une longue résistance pour le maintien du français » (p.69-70, Le français au contact d’autres langues), est analysée de manière méticuleuse. En tant que sujet riche et assez large qui mérite d’être exploité davantage, le français en contact avec les autres langues demande également être traité sous des angles originaux. Prenons l’exemple de « La prosodie du français en contact »[15]. Dans ce numéro, on propose de mettre la prosodie au cœur de l’analyse du contact des langues. On pourrait s’en inspirer et proposer d’autres pistes intéressantes pour aborder la même problématique à l’avenir.

                                                                    

                                                                    


                                                                  Compte-rendu de LIU Yang

                                                                  DEFAY Alexandre, La Géopolitique, Paris, coll. « Que sais-je ? », Presses Universitaires de France, 2018, 128 p. 4ème édition mise à jour en 2018.

                                                                    

                                                                  Appartenant à la collection « Que sais-je ? », ce livre monographique constitue un ouvrage consacré à l’introduction des connaissances générales de la géopolitique. Professeur agrégé hors classe en géographie et ancien élève de l’École normale supérieure, Alexandre Defay a été Conseiller culturel, scientifique et de coopération près l’Ambassade de France en Irlande, puis en Israël, et directeur de l’Institut français de Tel-Aviv. Entre septembre 2000 et mai 2002, il a exercé la fonction de Conseiller diplomatique du Ministre de la recherche, et depuis septembre 2002, il est chercheur associé au Centre de Géostratégie de l’École normale supérieure (Ulm). En raison de son parcours professionnel en Israël, il a écrit un autre ouvrage qui s’intitule Géopolitique du Proche-Orient[16].

                                                                  La première édition du livre a été publiée en 2005, mais le contexte de la publication n’est pas mentionné dans l’ouvrage. Sans démontrer sa propre théorie de recherche, l’auteur s’appuie sur plusieurs œuvres des géographes et géopolitilogues français, tels que Régions, Nations, Grands Espaces de Paul Claval, Le Retour des frontières de Michel Foucher et Géopolitique, La longue histoire d’aujourd’hui d’Yves Lacoste, pour servir de guide au grand public désirant s’initier aux notions fondamentales et aux nouvelles approches de la géopolitique. Outre l’introduction et la conclusion, l’ouvrage est structuré en trois grandes parties qui comprennent au total sept chapitres. Écrit dans une langue vulgarisée et avec beaucoup d’exemples concrets, l’ouvrage s’avère facile à comprendre et offre un confort de lecture.

                                                                  Dans la première partie, l’auteur revient sur l’histoire de la géopolitique. Le chapitre 1 porte sur la pratique géopolitique qui précède le concept ainsi que l’invention de la discipline au niveau académique. En citant la célèbre formule de Napoléon Bonaparte « Tout État fait la politique de sa géographie » (page 9), l’auteur soutient la théorie selon laquelle avec la naissance de l’État, trois mille ans avant notre ère, l’espace géographique acquiert une dimension politique. Ensuite, l’auteur analyse les composants scientifique, technologique et politique pour expliquer la naissance de la géopolitique pendant la dernière décennie du XIXe siècle.

                                                                  Le chapitre II offre un développement sur les pensées géopolitiques au XXe siècle, où l’épanouissement de la discipline a eu lieu particulièrement au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Allemagne, se focalisant sur les interactions entre le milieu naturel et la politique des États. Cependant, la géopolitique allemande a mis l’accent sur la dénonciation des incohérences et des injustices commises par le traité de Versailles et dans une certaine mesure, elle a « fourbi ses armes à l’hitlérisme »[17] (page 26). Condamnée et abandonnée après la Seconde Guerre mondiale, la géopolitique a témoigné son retour dans les années 1980 et ce mouvement de renaissance s’est accéléré après la guerre froide.

                                                                  La deuxième partie s’ouvre sur les nouvelles approches et le nouveau contexte de la géopolitique contemporaine. Le chapitre III met en perspective la représentation géopolitique, à laquelle contribuent la dénomination et la confection des cartes géographiques. D’une part, le choix des noms de lieux traduit des arrière-pensées et le changement du nom vise souvent à manifester une rupture du passé. D’autre part, la manipulation des cartes à la fois imaginaires et matérielles illustre l’attitude d’un État envers les autres. L’auteur présente aussi la question par rapport à la sédimentation des politisations successives de l’espace, à laquelle tous les nouveaux acteurs de la géopolitique mondiale aujourd’hui doivent faire face lorsqu’ils traitent les héritages matériel et mental légués par les pouvoirs précédents.

                                                                  Le chapitre IV, intitulé « La politisation contemporaine de l’espace », décrit et développe la notion de fragmentation, que l’auteur constate en citant des exemples tels que la fin des empires coloniaux, la disparition de l’URSS et l’éclatement de la Yougoslavie. Il faut souligner que la fragmentation de l’espace politique, créatrice de tensions, entraîne souvent des contestations et des conflits, parfois sanglants. Ensuite, l’auteur parle de la mondialisation économique et culturelle, faisant apparaître des territoires supranationaux, enjeux émergents qui complexifient la géopolitique contemporaine. Le développement inégal suite à la mondialisation conduit à des affrontements entre les pays du Nord et ceux du Sud. De plus, la compétition entre les grandes puissances n’implique plus seulement l’exploitation des ressources naturelles, mais aussi la diffusion culturelle à portée mondiale, qui affirme l’identité nationale et propage une certaine idéologie manipulée par le pouvoir politique.

                                                                  La troisième partie met en évidence les permanences, les altérations et les mutations de la géopolitique contemporaine. Le chapitre V aborde la question des continuités des territoires. Selon l’auteur : « l’État a pour objectif premier d’assurer sa pérennité » (page 79), c’est la raison pour laquelle l’État doit toujours se prémunir contre toute tentative extérieure ou intérieure de l’abattre ou de l’asservir. D’une part, l’administration territoriale s’avère essentielle pour que l’État manifeste sa dignité en imposant sa légitimité auprès de sa population. D’autre part, les frontières représentant les discontinuités territoriales ont pour fonction non seulement de protéger l’État mais aussi de distinguer une nation des autres en créant le sentiment d’appartenance. Mais en même temps, les frontières établies naturellement ou artificiellement qui engendrent les transformations observables de l’espace géopolitique provoquent souvent des querelles et des conflits régionaux.

                                                                  Le chapitre VI se penche sur les processus de morcellement, à savoir des notions de sécession, scission et partition, dont la différence est démontrée et clarifiée par plusieurs exemples concrets. L’auteur consacre aussi quelques paragraphes, de manière abrégée, au phénomène de l’expansionnisme suscitant les annexions, la colonisation et l’impérialisme.

                                                                  Le chapitre VII continue à discuter la question du morcellement. L’auteur explique les termes de « balkanisation » et de « libanisation », qui évoquent la péninsule balkanique et le Liban, deux théâtres principaux de conflits de la seconde moitié du siècle dernier. Ces deux termes sont souvent utilisés pour caractériser des situations géopolitiques similaires ailleurs dans le monde. Ce chapitre évalue ensuite la signification des regroupements régionaux, surtout l’établissement de l’Union européenne. Enfin, l’auteur analyse les politiques adoptées par les présidents des États-Unis, acteur incontournable de la géopolitique contemporaine, pour décrire non seulement sa suprématie économique, financière et militaire, mais aussi l’unilatéralisme que cette hyperpuissance assume depuis les attentats du 11 septembre 2001. L’ouvrage se termine en énumérant de nombreuses préoccupations géopolitiques qui assaillent les premières décennies du XXIe siècle, ce qui suscite la réflexion sur les incertitudes de la situation mondiale actuelle.

                                                                  Comparée avec l’édition précédente de 2014, la dernière édition ajoute plus d’actualité. Ainsi trouve-t-on dans l’ouvrage, par exemple, l’influence du « Brexit » en 2016 sur l’Union européenne, la stratégie diplomatique favorisant l’unilatéralisme du président américain Donald Trump depuis son accès au pouvoir en 2017, ainsi que « l’objectif de la grande renaissance nationale » (page 59) que le président chinois XI Jinping a fixé à la Nation lors du 19e congrès du PCC en octobre 2017. Par conséquent, la dernière édition fait plus de références aux ouvrages édités après l’an 2014, tels que Mon dictionnaire géopolitique[18] et Les Grands Théoriciens de la géopolitique[19]. Néanmoins, le livre aurait permis d’aborder, au chapitre concernant la mondialisation, l’initiative de « la Ceinture et la Route » proposé par le président chinois depuis 2013 ayant pour but de renforcer les liens politique, économique, commercial et culturel entre la Chine et tout le continent eurasiatique : « il existe aujourd’hui un nombre important de financement public et privé qui ont chacun des contraintes étatiques, financières, géographiques ou géopolitiques différentes. »[20]On pourrait aussi regretter que l’auteur reconnaisse Taïwan comme un État, ce qui constitue un constat politiquement incorrect et inacceptable pour la majorité des pays dans le monde entier. De toute façon, ce livre englobe de manière pertinente la plupart des dimensions de recherche de la discipline et peut être considéré comme un ouvrage recommandable au grand public et aux chercheurs débutants.

                                                                    

                                                                    


                                                                  Compte-rendu de SU Jingwen

                                                                    


                                                                  ANGELOFF Tania, LIEBER Marylène (dir), Chinoises au XXIe siècle. Ruptures et continuités, Paris, La Découverte, coll. « Recherches », 2012, 284p. URL : https://www.cairn.info/chinoises-au-xxie-siecle--9782707171559.htm

                                                                    

                                                                  S’interrogeant sur la situation rencontrée par des femmes chinoises et les rapports de genre dans la Chine contemporaine, Chinoises au XXIe siècle. Ruptures et continuités est un ouvrage collectif, dirigé par Tania Angeloff et Marylène Lieber. Tania Angeloff, dont les travaux portent sur la sociologie du genre et le travail[21], est sinologue et professeure de sociologie à l’Université Paris 1-Panthéon Sorbonne. Elle est aussi membre du comité de rédaction de Travail, genre et société[22]. Marylène Lieber,maître de conférences en études de genre à l’université de Genève, est sociologue et spécialiste de la migration chinoise[23].

                                                                  En France, les études axées sur les Chinoises et les relations homme-femme en Chine, subissent jusqu’alors une certaine invisibilité, tandis que les recherches anglophones de gender studies (études de genre) en la matière ont déjà pris une longueur d’avance[24].Visant à « combler cette lacune » (p.7), ce livre participe ainsi à une contribution incontournable en matière d’études de genre propres à la Chine dans le monde francophone[25].À travers des analyses pluridisciplinaires, telles que sociologique, démographique et historiographique, ce présent livre s’appuie également sur des enquêtes de terrain, tout en mettant en perspective la tension entre ruptures et continuités que la société chinoise a connues. En outre, le langage employé, accompagné des tableaux statistiques, est intelligible et académique, malgré quelques passages un peu scientifiques. Ce faisant, il est accessible pour presque tout le monde, que ce soit les sinologues et les sociologues du genre, ou bien le public francophone intéressé par la culture chinoise.

                                                                  Composé de manière cohérente de quatre parties, à part une introduction rédigée par les deux directrices, soit douze articles pluridimensionnels, l’ouvrage cherche à dévoiler les diverses inégalités dont souffrent les femmes chinoises dès la naissance, comme dans l’éducation et le monde du travail, en explorant aussi l’intimité et la sexualité, de même que leurs représentations sur le grand écran. Tout cela nous permet de découvrir que dans le contexte de la modernité, persistent quand même les disparités de genre en Chine, mais que l’individuation féminine devient une tendance irréversible.

                                                                  L’ouvrage collectif s’ouvre sur une introduction intitulée « Modernités chinoises : une perspective de genre », mettant en exergue ladite perspective comme fil conducteur du livre, par le biais de laquelle les auteurs s’efforcent de faire comprendre comment les ruptures et continuités de la Chine affectent les changements sociaux et ainsi le statut des Chinoises. Avant d’y répondre, il importe de saisir la notion pertinente sur ces deux termes. Traditionnellement, on pense que les « traditions et modernités » sont nettement opposées, mais en fait, dans la société chinoise qui se modernise, ces deux dernières s’entrecroisent et interagissent. Par conséquent, on opte pour les « ruptures et continuités » qui portent, par ailleurs, des sens bien différents selon la période historique et les besoins politiques. Pour conclure, le prisme du genre permet de comprendre les mutations sociales et vice versa.

                                                                  Les deux premiers chapitres, contribués respectivement par Isabelle Attané et Amandine Monteil, sont consacrés à l’analyse des inégalités des sexes et ses impacts du point de vue démographique et sur le plan éducatif.En dépit des progrès de modernisation : la parité de genre « garantie » par la Constitution[26] et l’universalisation de l’instruction obligatoire, la discrimination contre le sexe féminin se traduit toujours par un déficit féminin, une surmortalité infantile et un taux de scolarisation relativement faible notamment dans les régions rurales et migratoires. À l’origine de tout cela sont le système patriarcal et patrilinéaire, où les garçons sont valorisés afin d’assurer une perpétuation de la lignée familiale et l’économie de marché qui rend le coût de vie et d’éducation de plus en plus lourd.

                                                                  La deuxième partie du livre regroupe quatre textes ayant pour thème commun les multiples dominations dans le marché du travail et aussi sa segmentation marquée tant par le sexe que la classe. Il est à noter qu’en trois décennies, la Chine a accompli trois transitions : celle de l’économie planifiée à l’économie de marché ; celle d’une société agricole vers une société industrielle et enfin celle d’une société traditionnelle vers une société moderne et urbanisée. Dans sa contribution, Tania Angeloff rappelle que si dans la période maoïste les femmes sont censées « porter la moitié du ciel » »(p.10)[27], ces processus de modernisation ont néanmoins aggravé les inégalités de genre et de classe : division du travail selon leur compétence en touchant des salaires plus faibles que les hommes et travail temporaire dans de mauvaises conditions.

                                                                  A ce titre, la libéralisation de l’économie, suivie de la mondialisation, ayant pour conséquence le démantèlement des unités de travail (p.89) et la mise en œuvre du système de « hukou » (p.110), a fait voir le jour aux emplois extrêmement féminisés : les employées des comités de résidents, les employées domestiques et les « dagongmei »[28].Dans son article, Judith Audin suggèreque le poste dans « la communauté de quartier » consistant particulièrement « en écoute, médiation et services à la personne »(p.78), est étroitement lié à la féminité pour ses qualités « féminines » (p.72) : douceur, sympathie, patience et compassion, alors que c’est un travail souvent précaire, peu qualifié mais aussi rigide. De même, les services domestiques, jugés sales et occupés par « les femmes les plus défavorisées » (p.127) représentent un clivage selon l’origine géographique : les employées citadines gagnent plus que celles issues de la campagne, indique Li Shuang, dans son article « Employées domestiques : les implications de la hiérarchie urbain-rural ».Victimes d’une double disqualification : « disqualification horizontale et verticale » (p.240), les « dagongmei » laborieuses et dociles, exemples cités par Marylène Lieber dans sa contribution « Dagongmei, les petites mains de l’usine du monde »,sont exploitées et discriminées en vivant des conditions de vie difficiles.

                                                                  La troisième partie de l’ouvrage se compose de cinq articles se positionnant autour de l’évolution des représentations féminines dans l’espace intime et la sexualité. Comme l’affirme Hélène Le Bail dans sa contribution, la migration pour un mariage arrangé et transfrontalier est aussi fréquente que paradoxale puisque certaines Chinoises aspirent, d’une part, à une modernité, libérées de la société d’origine et d’autre part, à un mariage traditionnel avec une mobilité sociale dans la société d’accueil, autrement dit « l’hypergamie » (p.156). S’agissant du tourisme sexuel, l’apport de Chen Mei-Hua offre aux lecteurs des nouveaux horizons sur la sexualité ayant trait à l’ethnicité et caractérisée par la « militarisation » (p.204)[29]. Les textes suivants mettent en évidence des régimes d’intimité plus ouverts, par exemple des rapports prémaritaux davantage acceptés et les images de femmes très vivantes dans le cinéma. Ainsi se crée une individuation avec construction d’identité, aspiration d’autonomie et souci de soi chez les Chinoises d’aujourd’hui. L’article de Laurence Roulleau-Berger, en guise de conclusion, ajoute à cette somme d’articles significative un regard synthétique et conclusif.

                                                                  Au fur et à mesure de la lecture, il est à reconnaître que c’est un recueil enrichissant et éclairant, qui guide les lecteurs dans la réflexion sur l’émancipation des Chinoises sous différents aspects dans la Chine contemporaine. Même si cet ouvrage a été publié il y a déjà quelques années, il semble quand même d’actualité, étant donné que l’amélioration des situations des femmes constitue toujours une cause à défendre pour toute l’humanité et que l’égalité de genre est de loin d’être atteinte, que ce soit en Occident ou dans la Chine contemporaine en profonde mutation.

                                                                  Toutefois, les auteurs s’attachent à décrire des Chinoises considérées comme « défavorisées » en négligeant le fait qu’aujourd’hui, la plupart des Chinoises jouissent déjà des ressources dans l’éducation et l’emploi bien riches et égales. Cela pourrait produire dans une certaine mesure, des stéréotypes négatifs des Chinoises. Par conséquent, on pourrait regretter cette partialité inattendue. Cependant, dans Women’s & Gender Studies in New China (20 topics)[30], ouvrage rédigé en chinois et par LI Xiaojiang, chercheure chinoise pionnière en Women’s studies (Études féminines), l’auteure souligne un écart distinct entre le féminisme en Occident et celui en Chine. En Occident, la revendication de l’égalité, soit la prise de conscience des femmes, précède la législation, alors que dans la Chine contemporaine, c’est la législation pour l’égalité homme-femme qui préexiste. En effet, c’est l’omission de cet écart qui pourrait provoquer un certain « eurocentrisme », autrement dit des stéréotypes négatifs en question. Ainsi, afin de mieux connaître la situation des Chinoises, il faudrait lire des ouvrages écrits par des Chinoises, véritables intéressées sur ce sujet-là.De plus, on aurait aimé savoir si c’est une pure coïncidence qu’il y ait, de façon surprenante, onze femmes parmi ces douze auteurs. Les lecteurs pourraient donc se demander s’il n’y a que des femmes qui s’intéressent aux sujets féminisés. Pour conclure, en tant que chinois, la plupart d’entre nous sont peut-être insensibles, voire habitués à ces inégalités de genre. Grâce à ce livre, nous, les jeunes, sommes désormais sensibilisés aux situations difficiles des Chinoises et pourrons ainsi faire de notre mieux pour promouvoir l’égalité de genre.

                                                                    

                                                                    

                                                                    


                                                                    


                                                                  Compte-rendu de JI Xiangxi

                                                                    

                                                                  PINCHART Sylvie (dir.), Journal de l'alpha, No. 196, Maitrise de la langue et intégration : Quel lien ?, Lire et Écrire Communauté française, Bruxelles, 2015, 114 pages. URL :http://www.lire-et-Écrire.be/Journal-de-l-alpha-196-Maitrise-de-la-langue-et-integration?lang=fr.

                                                                  Le Journal de l’alpha est un périodique trimestriel de l’association Lire et Écrire qui agit au quotidien en Fédération Wallonie-Bruxelles[31] pour promouvoir le droit à une alphabétisation de qualité pour tout adulte. Ce périodique a notamment pour objectif de produire et de diffuser réflexions, débats et pratiques de terrain sur des thèmes pédagogiques et politiques liés à l’alphabétisation des adultes dans une perspective « d’émancipation, de participation et de changement social vers plus d’égalité »[32].

                                                                  Le présent numéro porte une attention particulière à la question de l’alphabétisation des personnes immigrées. Pour les primoarrivants[33] , vivre dans un nouveau pays implique de mobiliser de nouvelles compétences pour trouver un logement, du travail, réaliser les actes de la vie quotidienne. Dans cette trajectoire, qui à bien des égards s’apparente à un défi, l’accès à un espace de formation linguistique est une ressource importante. En effet, Lire et Écrire a déjà abordé la question du migrant dans quelques publications précédentes telles que le numéro 193 du deuxième trimestre de 2014 intitulé « Parcours d’accueil des primoarrivants »[34], le numéro 147 paru en 2005 ayant pour titre de « Nouveaux migrants, pratiques et politiques d’accueil » et deux autres numéros plus anciens (l’un en 2003[35], l’autre en 2004[36]) qui sont consacrés au sujet « Nouvelle migration ». Comme leur titre l’indique, ces numéros se concentrent sur l’histoire et les politiques de la migration. L’intégration et l’apprentissage de la langue n’étaient pas au centre des débats avant la publication du présent numéro intitulé « La maitrise de la langue et l’intégration : Quels liens ? ».

                                                                  Publié en 2015 et composé de huit articles, ce numéro rassemble deux types d’articles : sur le plan théorique, nombreuses sont les études critiquant la tendance à filtrer les immigrés par les conditions linguistiques exigeantes dans les politiques migratoires ainsi que les assomptions derrière ces démarches relativement simplistes mais largement partagées sur les liens « naturels » entre la langue et l’intégration; les autres nous introduisent des pratiques pédagogiques de terrain avec chacune son déroulement et ses enseignements.

                                                                  Dans l’édito (page 5), Sylvie Pinchart, directrice de Lire et Écrire, nous montre la contradiction entre les conditions linguistiques de plus en plus exigeantes et la réalité de terrain de l’enseignement. D’une part, les débats politiques se cristallisent sur l’obligation pour les personnes primoarrivantes de suivre des cours. D’autre part, les publics pas ou peu scolarisés dans leur pays d’origine ne bénéficient pas du financement de la Région. Ainsi, les personnes immigrées infrascolarisées souffrent d’une situation de double pénalisation : pas ou peu d’accès à des formations linguistiques adaptées et un niveau exigé impossible à atteindre. À la fin, l’auteure introduit l’« Alpha FLE » proposé par Lire et Écrire et destinés aux personnes illettrées non francophones pour développer chez elles des compétences de base qui vont au-delà de l’enseignement purement linguistique.

                                                                  Els de Clercap résume dans le troisième article « Maitrise de la langue et intégration : au-delà des idées reçues » (page 24) la recherche[37] de Philippe Hambye et Anne-Sophie Romainville, professeurs de l’Université catholique de Louvain (UCL). D’après des enquêtes et des entretiens avec « des experts, des journalistes et des citoyens » (page 25), la majorité partage les points de vue suivants : 1° les difficultés sociales et économiques sont à cause de la non-maitrise du français (51%) ; 2° la non-maitrise est causée par un manque de volonté (69%) ; 3° la langue est l’accès à une identité commune (53%). Cependant, les deux chercheurs soulignent premièrement que le chômage en Belgique est « structurel » (page 29). L’origine non-francophone n’est pas la raison principale des difficultés de l’intégration professionnelle. De plus, au lieu du manque de volonté, ce sont le plus souvent des inconvenances et l’indisponibilité qui empêchent les immigrés à apprendre le français. Troisièmement, il faut que ces nouveaux membres soient d’abord reconnus par la société d’accueil pour qu’ils soient incités à apprendre la langue mais non l’inverse, d’autant plus qu’une seule identité n’a jamais existé dans la société belge. Pour conclure, les auteurs proposent d’envisager l’intégration comme un droit lié à un statut politique pour justifier le partage d’une langue commune.

                                                                  Catherine Bastyns a traduit et résumé la recherche du professeur Piet Van Avermaet de l’Université de Gand dans le cinquième article intitulé « Les exigences linguistiques dans le cadre des politiques d’intégration en Europe et plus particulièrement en Flandre » (page 48). Selon Van Avermaet, derrière l’agenda officiel qui a pour objectif de favoriser l’apprentissage et la cohésion, l’agenda caché du législateur consiste en réalité à « filtrer les migrants » (page 51). Bien que les cours et les tests soient plus nombreux, les données sur leurs effets sociaux réels manquent toujours. De plus, l’impact des tests est de langue est faible par rapport aux chances réelles de participation sociale. Pire, la langue peut être un prétexte pour discriminer les candidats d’origine étrangère. Toujours d’après l’auteur, l’apprentissage de la langue et les processus d’intégration prennent du temps. Il n’est pas raisonnable de demander aux immigrés d’atteindre un niveau dans une durée limitée. Le professeur considère la généralisation des tests et l’augmentation des niveaux exigés comme signes d’une « hypocondrie sociale » (page 56) car la menace sur la cohésion causée par les non-natifs n’existe que dans l’imagination vu les données empiriques.

                                                                  Dans l’article intitulé « Intégration et maitrise de la langue dans la perspective du nouveau décret de la Région wallonne » (page 62), Anne Godenir et Aurélie Storme évoquent que la tendance est forte à confondre but (intégration) et moyen (maitrise de la langue). Premier argument : hiérarchiser la langue avant l’intégration va empêcher les immigrés à participer à toute forme de vie sociale. Deuxièmement, l’apprentissage ne peut pas être limité dans le temps fixé (de 120 heures à 6 mois) par les décrets car la disponibilité varie et que les personnes peu ou pas scolarisées ne peuvent pas réaliser les mêmes buts durant la même durée d’apprentissage. Troisième argument : les tests qui reflètent les croyances et valeurs du groupe majoritaire ne peuvent que difficilement être neutres et objectifs. Les auteurs affirment que Lire et Écrire privilégie la perspective d’envisager le processus comme participation au lieu d’intégration car celle-là favorise la motivation de découvrir et d’apprendre et la richesse culturelle de la société.

                                                                  Deux autres articles nous fournissent des initiatives des centres de formation en précisant l’objectif, le public, le temps et l’espace, la mise en place et les réflexions. « Le Labo-langue » (page 9), titre de l’article et de l’action, a pour but de faciliter les contacts entre les apprenants immigrés. Au cours d’un an, les formatrices organisent cinq tâches linguistiques coopératives telles qu’une visite de musée ou l’organisation d’une exposition à deux groupes d’apprenants de différents niveaux. L’autre article « La langue, archipel de l’ambigüité » (page 81) écrit par Pascal Lassablière et Michel Neumayer prend la forme d’un kaléidoscope mêlant les descriptions d’ateliers d’écriture dans le cadre de l’Université de printemps 2014 de l’association Lire et Écrire.

                                                                  La dernière partie de ce numéro rassemble neuf textes courts se développant sur deux axes : des études qui envisagent les questions de l’apprentissage et de l’immigration dans leurs contextes historique, politique et sociologique et des pistes d’action didactiques.

                                                                  Au fil des articles, ce numéro nous permet de saisir les liens qui s’avèrent moins évidents que l’on le croyait entre la langue et l’intégration. Ce numéro s’efforce à renverser les idées reçues pour faire connaître que la formation linguistique constitue en effet un droit et une finalité au lieu d’une obligation ou d’une indication. En ce sens, sa problématique de départ trouve une réponse explicite. Par ailleurs, nous constatons que presque tous les articles sont terminés par le commentaire de Lire et Écrire. La maison d’édition donne son opinion sur les arguments des articles et les complète avec ses actions qui les traduisent. Ainsi, la maison d’édition est hautement présente au cours de la lecture. À force de ces précisions, nous nous familiarisons facilement avec les principaux directeurs de cet institut. À notre avis, même si cela donne parfois l’impression que les dirigeants sont trop engagés à nous convaincre, une telle stratégie fonctionne bien et le numéro réussit à nous fournir un point de vue original, convaincant et logique. Enfin, nous regrettons que les deux articles sur les pratiques pédagogiques nous semblent moins intéressants. Ils se focalisent plutôt sur comment les activités sont organisées. On n’y voit pas de liens étroits avec la problématique : est-ce que ces tâches pédagogiques favorisent l’intégration de ces immigrés ? À quel point ? Comment l’évaluer ? Pourquoi ? Les auteurs auraient pu les mieux développer.


                                                                  Compte-rendu de LI Yuling

                                                                    

                                                                  ZHU, Yihua, Le caractère politique et la stratégie de la traduction en matière de communication à l’étranger《外宣翻譯的政治性剖析及其翻譯策略研究》, Suzhou, Presses universitaires de Suzhou, 2017, 156p.

                                                                  Avec l’accélération de la mondialisation, la traduction intervient de manière cruciale dans la vie politique du monde entier. Des conflits interethniques aux échanges internationaux, la traduction, en tant que moyen de communication, a toujours joué un rôle non négligeable. Surtout dans le domaine de la communication internationale, la traduction n’est plus seulement une substitution des signes purement linguistique, mais plutôt « une adaptation, une transformation et une recréation d’une certaine culture, pensée ou idéologie en rencontrant d’autres cultures, pensées ou idéologies »1. À travers le temps et l’espace, la communication avec le monde extérieur s’effectue de façons diverses par différents pays ou gouvernements, et ce, à des fins politiques telles que la défense de la souveraineté nationale et des intérêts publics, ou l’amélioration de l’image du pays à l’échelle mondiale. En conséquence, la traduction portant sur la communication internationale se teinte toujours d’une couleur politique. Sur cette base, l’auteur explore de façon approfondie le caractère politique des activités traduisantes dirigées par le gouvernement chinois depuis l’an 2000 en matière de communication à l’étranger, puis nous montre les divers facteurs qui limitent ou même manipulent la traduction et les stratégies de traduction contribuant à produire des effets de communication satisfaisants.

                                                                  Yihua Zhu, professeur agrégé de l’Institut des études internationales à l’université de Jiangnan, se spécialise dans l’étude de la traduction en matière de communication à l’étranger et la traduction des us et coutumes. Membre de l’Association des Traducteurs de Chine, il a publié environ 30 articles dans des revues nationales et internationales comme Chinese Translators Journal, Journal of Foreign Languages, Foreign Language Research et International Journal of Translation.2 En outre, il est rédacteur en chef adjoint de Traduction des livres anciens(《典籍翻譯研究》)et il a traduit en anglais The Urban Life of the Ming Dynasty. Selon les statistiques fournies par la base CNKI, nous pouvons constater qu’à l’intérieur du pays, un total de 1278 documents académiques ont été publiés depuis l’an 2000 sur la traduction en matière de communication. Puis, après une comparaison des premiers articles avec les plus récents, nous remarquons que l’étude de la traduction en matière de communication a évolué progressivement dans un sens interdisciplinaire : de plus en plus d’études entrent dans le domaine des médias, de la communication culturelle, de la politique, de l’économie et même du tourisme, au lieu de rester seulement dans la traductologie.3 Tandis qu’à l’extérieur de Chine, le nombre d’études est relativement faible dû au caractère unidirectionnel - du chinois vers les langues étrangères - de la traduction en matière de communication à l’étranger.

                                                                  L’ouvrage est structuré en sept chapitres. Les deux premiers chapitres portent sur l’introduction à l’étude sur la traduction en matière de communication à l’étranger. Ils offrent une synthèse du contexte, des résultats et des remarques de la recherche communiqués jusqu'alors à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Pour conclure ces chapitres, l’auteur précise que dans le contexte de la mondialisation, il faudrait amener davantage le monde extérieur à mieux comprendre la Chine et renforcer la coopération internationale amicale, d’où la nécessité d’une communication plus efficace et fructueuse. Certes, les traducteurs ont déjà accumulé une solide expérience dans la pratique de communication interculturelle, mais, d’après l’auteur, il nous manque encore de théories directrices plus systématiques et structurées qui pourraient sensibiliser davantage les traducteurs professionnels à leur responsabilité en tant que communicateur.

                                                                  Le chapitre 3 est consacré aux caractéristiques sur le plan politique de la traduction en matière de communication à l’étranger (p.33). Pour clarifier sa particularité, l’auteur a recours à cinq aspects qui sont la conscience politique, la stylistique, la pensée, la tonalité et le contenu représentés par la traduction. En s’appuyant sur une solide documentation, l’auteur nous rend une argumentation efficace et riche de nombreux exemples de traduction cités de sources diverses, telles que des sites officiels du gouvernement, les médias ou même Internet. Par ce chapitre, l’auteur tente déjà de mettre les traducteurs au courant de la complexité de cette traduction très particulière et de donner un aperçu général des méthodes de traduction.

                                                                  Le chapitre 4, intitulé « les dimensions et la composition politique de la traduction en matière de communication à l’étranger » (p.54), décrit et développe à peu près la même chose que le chapitre 3, en y ajoutant encore l’orientation du travail de la communication : la traduction devrait refléter la position politique et les principes généraux du pays de sorte à assurer la maximisation des intérêts du pays et du peuple. D’ailleurs, le sens aigu de la politique et de l’emploi des mots propres lors de la traduction sont de nouveau accentués par l’auteur pour réaffirmer la spécificité de la traduction dans le travail de communication et la lourde responsabilité que doivent assumer les traducteurs.

                                                                  Le chapitre 5 aborde la question de la violence politique que subit la traduction au cours de la communication internationale (p.67). Dans ce cas-là, la traduction est devenue, à des fins politiques, un moyen de diffusion privilégiant l’effet de communication. Par conséquent, elle apparaît souvent comme une propagande endoctrinante, une agression idéologique et un affrontement violent dans les relations publiques internationales.

                                                                  Jusqu’ici, l’auteur a fait une analyse bien organisée et détaillée sur les particularités de la traduction en matière de communication à l’étranger et sur la liaison fort étroite entre cette traduction et le politique. Puis les deux derniers chapitres s’attachent à éclaircir les différents éléments politiques entrant en jeu et les stratégies de traduction à adopter pour y répondre.

                                                                  L’environnement politique, d’après l’auteur, représente l’ensemble des éléments politiques qui peuvent conditionner et même manipuler la traduction en matière de communication à l’étranger. Dans le chapitre 6 (p.79), l’auteur nous explique respectivement trois niveaux d’environnements politiques qu’il propose de distinguer l’un de l’autre. Ce qui se situe au niveau le plus haut, c’est le « macro-environnement politique », se composant d’éléments comme la souveraineté et les intérêts nationaux, le régime d'État, les pensées politiques et les idéologies. Le « meso-environnement politique » se trouve au niveau intermédiaire, concernant plutôt la langue, la culture, les mécènes et les maisons d’édition. Et finalement, les éléments les plus actifs et les plus impliqués - les traducteurs et les lecteurs - constituent le « micro-environnement politique » qui reste au niveau le plus bas. En se basant sur ce classement, l’auteur arrive à illustrer plus nettement le fonctionnement de chaque environnement dans la traduction et les interactions entre eux qui vont finalement laisser des traces dans le travail de communication à l’étranger.

                                                                  Dans le chapitre 7, l’auteur arrive enfin à la question de la méthodologie (p.116). Aux yeux de l’auteur, la difficulté reste dans l'acceptation du public étranger des valeurs chinoises infiltrées dans les documents de communication. Comme l'explique l'auteur ci-dessus, la traduction ici est non seulement tenue d’être fidèle au sens, mais également aux fonctions ou aux aspirations politiques du texte original. Par conséquent, il est important d’essayer de briser la barrière sur le plan cognitif entre la Chine et les pays étrangers de différentes manières. En citant nombre d’exemples dans la pratique, l’auteur nous présente des techniques plus concrètes de la traduction selon différents contextes, par exemple, l’adaptation, l’omission et la translittération avec des notes. De plus, certaines techniques utilisées dans la communication interculturelle de même que dans les échanges internationaux contribuent également à la réalisation des objectifs de traduction.

                                                                  Avec les Jeux olympiques de Beijing de 2008 et la progression du classement de la Chine en termes de volume économique global en 2010, la demande de communication à l’étranger et ainsi de traduction s'est fortement accrue, ce qui favorise largement l’étude sur la traduction en matière de communication. Avant l’ouvrage de Yihua Zhu, on peut déjà trouver plusieurs articles traitant du caractère politique de la traduction en matière de communication, mais plutôt à partir des problèmes concrets rencontrés dans les activités de communication et de diplomatie.4 Ce livre, quant à lui, nous offre une recherche plus systématique et approfondie à l’aide d’exemples précis. L’auteur explique bien la source du caractère politique de ce type de traduction, les impacts que les éléments politiques peuvent avoir sur la traduction et finalement les stratégies que peuvent adopter les traducteurs, avec une structure assez organisée et cohérente. Cependant, certaines sous-parties me sembleraient un peu trop similaires en utilisant quelquefois les mêmes exemples, ce qui pourrait conduire à une confusion dans la lecture. Malgré cela, l’ouvrage réalise une recherche assez complète et ciblée sur la traduction en matière de communication à l’étranger, qui nous apporte des théories directrices auxquelles les traducteurs peuvent faire référence dans la pratique dorénavant.

                                                                    

                                                                  Notes

                                                                  1. LU, Jun. « De la théorie du texte au pouvoir du discours », Journal of Sichuan International Studies University, No.1, 2002, p.109. Cité par Yihua ZHU dans la conclusion de son livre et traduit en français par l’auteur du compte rendu.

                                                                  2. Selon les statistiques du CNKI (base de données chinoise fournissant l’accès à des documents académiques, des revues, des mémoires et des thèses, etc.), l’auteur a publié 14 articles au total. Et selon la brève présentation de l’auteur sur la couverture du livre, il a publié environ 30 articles dans des revues nationales et internationales, dont nous n’avons pas pu localiser toutes les sources.

                                                                  3. Parmi les vingt premiers articles publiés sur la traduction en matière de communication selon la base de données de CNKI, dix sont consacrés à l’analyse des problèmes et des stratégies de la traduction, et le reste traite principalement des théories de traduction, telles que la subjectivité du traducteur, la domestication et l’aliénation. Au contraire, si nous examinons les vingt articles publiés le plus récemment (le dernier a été publié le 24 janvier 2019), ils abordent des questions du tourisme, du patrimoine culturel, des publications émanant des gouvernements, de la publicité des produits commerciaux, etc.

                                                                  4. En effectuant une recherche dans la base de données de CNKI avec les mots-clés « traduction en matière de communication » et « politique », on obtient un total de 99 résultats, dont les dix articles les plus cités choisissent généralement des points de vue de recherche comme l’idéologie, l’image du pays, la pragmatique interculturelle et la communication.

                                                                    

                                                                    

                                                                    

                                                                    

                                                                    



                                                                  [1] PRUVOST Jean, Dictionnaires et nouvelles technologies, Paris : Presses universitaires de France, 2000, 177p. ; PRUVOST Jean, Les dictionnaires français, outils d’une langue et d’une culture, Paris : Ophrys, 2006, 199p.

                                                                  [2] MEJRI Salah (dir.), SABLAYROLLES Jean-François (dir.), « Néologie, nouveaux modèles théoriques et NTIC », Langages, Paris : Armand Colin, n°183, 2011, 138p. ; LÓPEZ DÍAZ Montserrat (dir.), SABLAYROLLES Jean-François (dir.), « Les néologismes euphémiques », La Linguistique, Paris : Presses universitaires de France, n°52, 2016, 136p.

                                                                  [3] QUEMADA Bernard, « À propos de la néologie », La banque des mots, Paris : Presses universitaires de France, n°2, 1971, p.138.

                                                                  [4] DESMET Isabel (dir.), L’innovation lexicale dans les langues romanes (acte du colloque éponyme organisé le 3 décembre 2014 à l’Université Paris 8), Saint-Denis : Université Paris 8, 2016, 139p. ; PETIT Gérard (dir.), « La dénomination », Langue française, Paris : Larousse, n°174, 2012, 132p. ; FÀBREGAS ALEGRET Immaculada, La fabrication des néologismes : la troncation en espagnol et en catalan, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2014, 170p. ; MURICA Colette, JOLY Hubert, Dictionnaire de mots nouveaux des sciences et des techniques : 1982-2003, Paris : Conseil international de la langue française, 2004, 812p.

                                                                  [5]TOURNIER Jean, Introduction descriptive à la lexicogénétique de l’anglais contemporain, Paris : Champion-Slatkin, 1985, 517p. ; TOURNIER Jean, Précis de lexicologie anglaise, Paris : Nathan, 1988, 207p.

                                                                  [6]GRUAZ Claude, Du signe au sens : pour une grammaire homologique des composants du mot, Rouen : Presses universitaires de Rouen, 1990, 195p. ; WALTER Henriette, Le français dans tous les sens, Paris : Robert Laffont, 1988, 384p.

                                                                  [7]GUILBERT, Louis, « Théorie du néologisme », Cahiers de l’Association internationale des études françaises, Paris : Les belles lettres, n°25, 1973, pp.9-29.

                                                                  [8]SPAETH, Valérie, « La création de l’Alliance Israélite Universelle ou la diffusion de la langue française dans le bassin méditerranéen », dans ESCALLE, Marie-Christine Kok, MELKA, Francine (dirs.), Changements politiques et statuts des langues, histoire et épistémologie. 1780-1945,Amsterdam, Rodopi, 2001, p.103-118.

                                                                  [9] SPAETH, Valérie, « Pour enseigner l’histoire de la notion de francophonie », dans CHNANE-DAVIN, Fatima, LALLEMENT, Fabienne, SPAETH, Valérie (dirs.), « Enseigner la Francophonie, enseigner les francophonies », Recherches et Applications, Paris, CLE International, 2018/7(n° 64),p.28-42.

                                                                  [10] SPAETH, Valérie, Généalogie de la didactique du français langue étrangère. L’enjeu africain, Paris, CIRELFA-Agence de la francophonie, Didier Érudition, coll. « Langue et développement », 1998, 210.p.

                                                                  [11] SPAETH, Valérie, GALLIGANI, Stéphanie, YAICHE, Francis (dirs.), « Contact des langues et des espaces. Frontières et plurilinguismes », Synergie France, Sylvains les Moulins, Gerflint, n°4, 2005, 237.p.

                                                                  [12]GADET, Françoise, LUDWIG, Ralph (dirs.), Le français au contact d’autres langues, Paris, Ophrys, coll. « L’essentiel français », 2014, 136.p.

                                                                  [13]BLASCO, Mylène, BODELOT, Colette, « Langue parlée / langue écrite, du latin au français : un clivage dans l’histoire de la langue ? »,Langages, Paris, Armand Colin, 2017/4 (n°208), 132.p.

                                                                  [14]SABOURIN, Patrick, ALAIN, Bélanger (dirs.), « La dynamique des substitutions linguistiques au Canada », Population (version française), Paris, Institut national d'Études démographiques (INED), 2015/4 (Vol.70), p.771–803.

                                                                  [15] AVANZI, Mathieu (dir.), STEIEN, Guri Bordal (dir.) et al, « La prosodie du français en contact », Langages, Paris, Armand Colin, 2016/2 (n°202), 136.p.

                                                                    

                                                                  [16] DEFAY Alexandre, Géopolitique du Proche-Orient, Paris, coll. « Que sais-je ? », Presses Universitaires de France, 2016

                                                                  [17] DEFAY cite Michel FOUCHER, Fronts et Frontières, Paris, Fayard, 1988, p. 23

                                                                  [18] ENCEL Frédéric, Mon dictionnaire géopolitique, Paris, Puf, 2017

                                                                  [19] LOUIS Florian, Les Grands Théoriciens de la géopolitique, Paris, Puf, 2016

                                                                  [20] LAPARRA Alexandre, Enjeux stratégiques de la « Route de la soie », mis en ligne le 20 novembre 2017, consulté le 2 janvier 2019

                                                                  URL :http://www.geolinks.fr/grands-enjeux/les-enjeux-geopolitiques/enjeux-strategiques-de-la-route-de-la-soie/

                                                                  [21] Voir :ANGELOFF Tania, « Monde du travail et sociologie du genre »Sociologie du monde du travailParis, PUF, 2006, pp. 283-300 ; ANGELOFF Tania, « Le féminisme en République populaire de Chine : entre ruptures et continuités »Revue Tiers Monde, n° 1/2012, pp. 89-106 ; ANGELOFF TaniaLa société chinoise depuis 1949, Paris, La Découverte, coll. « Repères », 2018, 128 p.

                                                                  [22]Éditée par La Découverte et dirigée par Hyacinthe Ravet, sociologue et professeure à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université, Travail, Genre et Sociétés est une revue pluridisciplinaire et internationale. Cette revue a pour objet l’étude de la différence des sexes dans le monde du travail et aussi de la place des femmes dans la société.

                                                                  [23]Voir : LIEBER Marylène, Genre, violences et espaces publics. La vulnérabilité des femmes en question, Paris, Presses de Sciences Po (P.F.N.S.P.), coll. « Académique », 2008, 328 p ; LEVY Florence, LIEBER Marylène, « La sexualité comme ressource migratoire. Les Chinoises du Nord à Paris », Revue française de sociologie, 2009/4 (Vol. 50), pp. 719-746.

                                                                  [24]Il y a quand même quelques publications en français sur les femmes chinoises. Voir : ATTANE Isabelle, Une Chine sans femmes ?, Pairs, Perrin, 2005 ; ELISSEEFF Danielle, XXe siècle : La grande mutation des femmes chinoises, Paris, Bleu de Chine, 2006. Veuillez consulter la volumineuse bibliographie d’une trentaine de pages en fin de livre. On trouve en effet que la plupart des recherches sur les femmes chinoises sont en anglais, comme par exemple, KLASEN Stephan, WINK Claudia, « A turning point in gender bias in mortality ? An update on the number of missing women », Population and Development Review, vol. 28, n° 2, 2002, pp. 285-31.

                                                                  [25]https://www.alternatives-economiques.fr/chinoises-xxie-siecle-ruptures-continuites/00072260

                                                                  [26]Voir : L’article 33 et 48 de la Constitution de la République populaire de Chine [2018].

                                                                  [27]Les femmes portent la moitié du ciel est un slogan officiel à l’ère maoïste, qui souligne que les Chinoises possèdent un statut social égal à celui des hommes. Cela passe pour idéologie asexuée et modernité en vue de l’édification de la société socialiste. Voir aussi : ATTANÉ Isabelle(dir), « Femmes chinoises : enfin une moitié de ciel ? », Perspectives chinoises, Nº2012/4, Hongkong, Centre d'étude français sur la Chine contemporaine, 2012

                                                                  [28] Les « dagongmei » en chinois sont les jeunes migrantes qui vendent leur force de travail à un patron. Voir : LEE CHING Kwan, Gender and the South China Miracle. Two Worlds of Factory Women, Berkeley, University of California Press, 1998

                                                                  [29]La « militarisation » du tourisme sexuel s’explique par le fait que les consommateurs taïwanais utilisent une terminologie militaire pour décrire leurs pratiques de consommation de sexe en Chine continentale. Par exemple, les relations sexuelles entre clients et prostituées sont qualifiées de da pao, littéralement « tirer un coup de canon ».

                                                                  [30] LI Xiaojiang, Women’s & Gender Studies in New China (20 topics) [女性託邦], Beijing, Social Sciences Academic Press (China), 2016. Reposant sur des conférences qu’a données l’auteure, ce livre comporte deux parties : la première est consacrée à dresser un portrait exhaustif des Chinoises en analysant leur émancipation sous divers aspects, de la manière la plus objective possible, sans pourtant négligeant les progrès en matière d’équité dans la Chine d’aujourd’hui ; la seconde vise à détailler l’évolution des études de genre et du féminisme en Chine.

                                                                  [31] La Fédération Wallonie-Bruxelles est une institution au service des francophones de Bruxelles et de Wallonie. Ses compétences s'exercent en matière d'Enseignement, de Culture, de Sport, de Jeunesse, de Recherche scientifique et de Maisons de justice. Elle dispose d'un Parlement, d'un Gouvernement et de Services publics (le Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l'ONE, la RTBF, le CGRI...) permettant la réalisation de ses missions. Selon le site officiel de la Fédération : http://www.federation-wallonie-bruxelles.be/index.php?id=65 consulté le 19 décembre 2018.

                                                                  [32] PINCHART Sylvie (dir.), Journal de l'alpha, No. 196, Maitrise de la langue et intégration : Quel lien ?, Lire et Écrire Communauté française, Bruxelles, 2015, page 2

                                                                  [33] Écrit aussi « primo-arrivant » qui signifie personne étrangère, récemment arrivée, en situation régulière, pour la première fois en France (dans notre cas, en Fédération Wallonie-Bruxelles en Belgique) afin d’y séjourner durablement. Selon Dictionnaire de Larousse en ligne, https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/primo-arrivant/186667 consulté le 22 décembre 2018.

                                                                  [34] PINCHART Sylvie (dir.), Journal de l'alpha, No. 193, Parcours d’accueil des primo­arrivants, Lire et Écrire Communauté française, Bruxelles, 2014, 156 pages, URL : http://www.lire-et-ecrire.be/Journal-de-l-alpha-193-Parcours-d-accueil-des-primoarrivants?lang=fr, consulté le 7 décembre 2018.

                                                                  [35] STERCQ Catherine (dir.), Journal de l'alpha, No. 137, Nouvelles migrations, Lire et Écrire Communauté française, Bruxelles, 2003, 44 pages, URL : http://www.lire-et-ecrire.be/Journal-de-l-alpha-137-Nouvelles-migrations-octobre-novembre-2003?lang=fr, consulté le 7 décembre 2018.

                                                                  [36] GOFFINET Sylvie-Anne et STERCQ Catherine (dir.), Journal de l'alpha, No. 143,  Nouvelles migrations, Lire et Écrire Communauté française, Bruxelles, 2004, 22 pages, URL :http://www.lire-et-ecrire.be/Journal-de-l-alpha-143-Nouvelles-migrations-suite-octobre-novembre-2004?lang=fr, consulté le 7 décembre 2018.

                                                                  [37] Le texte intégral du rapport de recherche : HAMBYE P. et ROMAINVILLE A.-S., « Apprentissage du français et intégration. Des évidences à interroger », Cahiers Français et Société, n°26-27, EME (Editions Modulaires Européennes), 2014, 119 pages.