Les « Pacific » sont l’une des séries de locomotives à vapeur les plus célèbres, non seulement en France mais dans le monde entier. Leur apparence, à la belle couleur marron surlignée de filets jaunes, les rendent fort agréables à regarder mais ce sont surtout leurs performances comme la Flèche d’Or Paris-Calais à partir de 1934 avec 130 Km/h qui a fait leur renommée.
Construites à partir de 1909 par la Compagnie du Paris-Orléans, elles furent transformées à partir de 1929 dans les ateliers de Tours par un ingénieur français, André Chapelon, surnommé dans le monde entier: « le génie de la vapeur française ». Avant de pouvoir ainsi travailler sur les machines, il avait essuyé les refus de plusieurs sociétés, comme la compagnie du PLM, qui n’accordaient aucune confiance à ses idées pour le moins révolutionnaire. Il souhaitait, en effet, modifier totalement les données théoriques de la traction à vapeur en démontrant sur les rails ce que les calculs ne pouvaient prouver. C’est donc la Compagnie du Paris-Orlénas qui lui en a donné l’opportunité. André Chapelon était un ingénieur en thermodynamique issu de l’école centrale. Il pensait qu’on pouvait grandement augmenter la puissance des locomotives à vapeur en jouant sur les passages de la vapeur, sur sa température et sur son échappement dans la cheminée, contrairement à nombre de ses collègues. En 1946, alors qu’il avait vaincu par ses démonstrations toutes les réticences des sociétés du rail, il transforma une locomotive de la SNCF pour en faire la plus puissante d’Europe avec 8000 CV.
Mais l’arrivée de la traction électrique mit fin au règne des locomotives à vapeurs et aux rêves d’André Chapelon qui ne put jamais réaliser de faire atteindre les 200 km/h à ses monstres d’acier comme il s’en était fixé l’objectif.