Cette glande, située à la base du cou, est minuscule. Pourtant, elle peut nous en faire voir de toutes les couleurs.
1) C’est un véritable chef d’orchestre
De très petite taille, cette glande en forme de papillon pèse de 10 à 25g seulement. Son rôle est cependant très important. Les hormones qu’elle produit et déverse dans le sang, sous le contrôle de l’hypophyse, servent à réguler des fonctions essentielles de notre corps : la température corporelle et la consommation d’énergie, le rythme cardiaque et le système digestif. Elle agit aussi sur le système nerveux, donc sur l’humeur, le tonus, la peau, les cheveux et les ongles.
2) Ses dérèglements sont fréquents
Les femmes en sont les principales victimes. S’ils touchent 16% des femmes et 11% des hommes de plus de 45 ans, ces dysfonctionnements peuvent néanmoins survenir à n’importe quel âge. Dans la majorité des cas, les dérèglements de la tyroïde sont liés à un désordre immunitaire : l’organisme se met à fabriquer des anticorps qui vont s’attaquer à cette glande. On retrouve souvent des antécédents familiaux, mais la véritable origine des maladies qui lui sont liées reste mystérieuse. S’il ne crée pas d’emblée de troubles graves, un dérèglement thyroïdien entraîne suffisamment de symptômes gênants et d’inconfort qui s’accentuent avec le temps pour nécessiter une prise en charge.
3) Le diagnostic est relativement facile
En palpant la thyroïde, le médecin peut déjà repérer des anomalies : augmentation globale de taille, c’est un goitre ; existence de tuméfactions, il s’agit de nodules. Quand il soupçonne un dérèglement, des analyses de sang sont prescrites pour doser les hormones thyroïdiennes T3 et T4, et la TSH (hormone produite par l’hypophyse pour stimuler la thyroïde). Si les résultats montrent une anomalie, un dosage d’anticorps thyroïdiens dans le sang est réalisé. Une échographie est pratiquée en cas d’anomalie à la palpation pour mieux définir la taille de la thyroïde et l’existence ou non de nodules. Une scintigraphie peut aussi être effectuée pour visualiser l’activité de la glande.
4) Un quart des Français sont carencés en iode
Pour sécréter ses hormones, la thyroïde utilise l’iode apporté par l’alimentation. Or, depuis plusieurs années, les spécialistes ont constaté un déficit modéré en iode en France, avec un risque croissant de carence de l’Ouest vers l’Est. Autre facteur influent : l’âge. Chez les adultes de 45 à 60 ans, prés de 25% des femmes et 16% des hommes présentent une carence. Entre 55 et 60 ans, ce chiffre grimpe à prés de 35% pour les deux sexes. Les femmes enceintes et celles qui allaitent risquent aussi de manquer de cet oligoélément. Mais comment éviter les carences ? En consommant davantage de fruits de mer, de coquillages et de poissons de mer.
Pour information, la cuisson en papillote préserve mieux l’iode. Les produits laitiers constituent une autre source importante. A privilégier aussi : le sel de table enrichi en iode. Les pouvoirs publics étudient actuellement la possibilité d’enrichir le pain en iode pour offrir un apport supplémentaire.
5) En cas d’hypothyroïdie, tout fonctionne au ralenti
Lorsque la glande ne sécrète pas assez d’hormones, on parle d’hypothyroïdie. Cela se traduit par une grande fatigue et un état dépressif pouvant empêcher de mener une vie normale. S’y ajoutent parfois des problèmes de prise de poids, de constipation, de frilosité, de rétention d’eau, de sécheresse de la peau et des cheveux. Pourquoi ces symptômes ? La plupart du temps, des anticorps ont détruit peu à peu de façon irréversible les cellules de la thyroïde, laquelle n’est plus capable de faire son travail. Parfois, un excès d’iode dû à des médicaments peut être à l’origine du dérèglement : en réaction, la thyroïde « se bloque » et fonctionne au ralenti. Une fois le diagnostic d’hypothyroïdie confirmé, le traitement consiste à compenser le manque d’hormones. Il faut attendre quelques mois pour retrouver la forme et le traitement doit être poursuivi à vie. Si on l’interrompt, les symptômes réapparaissent au bout de cinq à six semaines.
6) En cas d’hyperthyroïdie, l’organisme est hyperactif
Quand la thyroïde sécrète trop d’hormones, les fonctions de l’organisme sont accélérées. Symptômes caractéristiques : amaigrissement, accélération du rythme cardiaque, palpitations, fatigue musculaire, irritabilité, tremblements, sensations de chaleur, transpiration abondante… Une augmentation du volume de la thyroïde (goitre) donnant un « gros cou » peut être observée. La cause la plus fréquente de ce dérèglement est la maladie de Basedow : des anticorps stimulent la thyroïde, d’où une sécrétion excessive d’hormones. Un choc psychologique ou une grossesse agissent souvent comme déclencheur ou accélérateur de la maladie. Il arrive aussi que des nodules situés dans la glande fabriquent eux-mêmes des hormones en excès. Plus rarement, une inflammation de la thyroïde est responsable. Le traitement consiste à prendre des médicaments bloquant la trop grande sécrétion d’hormones thyroïdiennes. Il est poursuivi environ dix-huit mois en cas de maladie de Basedow, après quoi celle-ci disparaît dans 60% des cas. Sinon, elle nécessite une prise en charge définitive. Si le traitement ne suffit pas, l’ablation d’une partie de la glande est envisagée. Pour éviter la chirurgie, l’activité de la thyroïde peut être bloquée par l’administration d’iode radioactif.
7) Un Français sur dix a des nodules
Ce sont de petites boules ou tumeurs qui s’installent sur la thyroïde. Leur fréquence augmente avec l’âge. Souvent découverts par hasard, ils sont en général indolores et ne génèrent pas de dérèglement thyroïdien. Parfois, ils provoquent des signes locaux : augmentation du volume du cou, modification de la voix, gêne pour avaler… Des examens (échographie, scintigraphie, ponction) sont nécessaires pour connaître la nature du nodule et rechercher une tumeur maligne. Si les nodules sont bénins, on peut se contenter d’une surveillance avec éventuellement la prise d’hormones thyroïdiennes. De 5 à 10% seulement des nodules palpés cachent un cancer. Ceux-ci sont en général d’évolution lente. On intervient uniquement si les résultats de la ponction le nécessitent ou si on constate une évolution de la taille des nodules au cours de la surveillance ultérieure. Ils sont aussi enlevés s’ils deviennent gênants.
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